Épingle De Sûreté, Aiguille, Coudre

Entendu ce matin à la radio: la CNIL épingle Engie et EDF pour conservation excessivement longue des données. Le journaliste a reconnu la possibilité de connaître précisément les données des usagers, avec le Linky. Stéphane Lhomme nous en dit plus dans son communiqué ci-dessous.

Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

Communiqué du mardi 11 février 2020

Détournement des données du programme Linky par
EDF et Engie : la CNIL démontre sa totale impuissance

La seule façon d'échapper au vol des données des Linky est… de conserver les compteurs ordinaires !

 

 

Ainsi que nous le dénoncions il y a quasiment un an à propose de l'affaire Directe énergie (*), le scandale actuel impliquant EDF et Engie (**) ne fait que confirmer deux évidences :

- les données du programme Linky sont inévitablement destinées à être collectées frauduleusement, récupérées, détournées, revendues, et ce bien évidemment illégalement et sans l'aval des usagers ;


- la CNIL, prétendu "gendarme des données", ne peut qu'intervenir après coup, sermonner vainement les opérateurs…. et attendre la prochaine affaire pour démontrer une nouvelle fois sa totale impuissance.


Nous affirmons depuis le lancement du programme Linky que celui n'a aucunement pour but réel de permettre aux usager "d'avoir des factures précises", de "faire des économies" ou autres niaiseries, mais avant tout de collecter d'innombrables données sur la vie privée des usagers dans la cadre de la "guerre mondiale" du Big data.


Ces données valent de l'or pour les opérateurs qui peuvent les utiliser directement ou bien les vendre très cher à des sociétés commerciales qui veulent tout savoir sur l'usager pour en faire un client en le démarchant de façon parfaitement ciblée.


D'autre part, la captation d'innombrables données par les compteurs communicants fait peser un grave danger sur les libertés publiques : la société du tout numérique, qui nous est imposée à marche forcée, va rapidement aboutir à la dictature totale, si implacable qu'elle fera sous peu passer les régimes totalitaires passés et actuels pour d'aimables artisans.


Le numérique sonne la fin des libertés publiques et du droit à l'oubli, chaque citoyen pourra bientôt se voir reprocher tous les actes du présent ou du passé (même lointain). Et, contrairement à ce que prétendent les naïfs sur le thème "ceux qui n'ont rien à se reprocher n'ont rien à craindre", ces actes pourront a postériori être déclarés illégaux ou déviants, même s'ils étaient au départ légaux ou anodins.


Tant qu'il en est encore temps, j'appelle tous les citoyens à refuser les compteurs communicants, la mise en place de la 5G, mais aussi les "assistants vocaux" qui sont eux-mêmes des "aspirateurs à données" permettant aux sociétés commerciales et policières de tout savoir sur la vie des habitants. Il n'est d'ailleurs pas surprenant qu'Enedis muni de son compteur Linky passe d'ores et déjà des accords avec Amazon et son boitier espion Alexa (***)…


  (*) http://refus.linky.gazpar.free.fr/linky-cnil-directe-energie.htm

(**) https://www.connaissancedesenergies.org/afp/donnees-collectees-par-les-compteurs-linky-engie-et-edf-mis-en-demeure-par-la-cnil-200211

(***) https://www.larevuedudigital.com/edf-prepare-des-services-vocaux-reliant-le-compteur-linky-et-alexa-damazon