Compteurs Linky à Prades : "Nous incitons les gens à refuser ces installations"

Depuis le 1er décembre, l’installation des compteurs Linky a débuté dans le Conflent.
 

Depuis quelques semaines, les habitants de Prades, selon les quartiers, ont reçu l’information d’une prochaine installation des compteurs Linky chez eux. Dans la commune, 4 500 compteurs sont concernés. Dans le Conflent, déjà huit mairies se sont opposées à cette installation.

Dans les rues de la commune de Prades, certains habitants éprouvent déjà quelques inquiétudes. "Ils (ndlr. la société Enedis) vont nous contacter pour passer. Mais je ne sais pas si je vais accepter l’installation ou pas, avec tout ce qu’on entend à ce sujet. Il faut que je réfléchisse. Je ne sais même pas si je peux refuser ", confie une Pradéenne. Mais la municipalité est claire : "Tout le monde peut très bien refuser cette installation par le biais d’un courrier. Ce n’est pas obligatoire ", explique Rémi Dalmau, collaborateur de cabinet.

Mais face à ces incertitudes, Marie Labesse, qui a créé un collectif à Los Masos pour le Conflent et qui gère aussi la messagerie départementale StopLinky 66, revient sur le manque d’information concernant l’installation des compteurs. "Il y a certains cas où la société n’attend même pas la réponse. Si les compteurs sont installés dehors il est arrivé qu’ils soient changés sans aucun avis. Après, c’est vrai que chaque particulier est libre d’accepter ou refuser, mais à force de dire non ou de reporter certains finissent tout de même par accepter. Nous avons déjà détecté des dysfonctionnements dans les façons de procéder dans le Conflent. À Molitg-les-Bains, une dame a été appelée cinq fois dans la journée, sa fille avait fait remonter l’information à la municipalité car c’est anormal ", explique Marie Labesse.

Accompagner dans les démarches

Du côté de Saint-Michel-de-Cuxa, elle relate aussi que dans une ferme d’éleveur de brebis, la société était venue pour relever les compteurs mais a, en réalité, changé les installations sans prévenir, créant un vif conflit. "Avec leur manque de communication, ils s’exposent à des agitations sociales. Il faut que les gens soient informés de leur droit de refus et que ce ne soit pas fait en douce. Ils sont en droit de garder leur compteur actuel. Nous sommes là pour les informer, mais aussi leur montrer des modèles de lettre de refus pour les accompagner dans leurs démarches. Avec toutes ces inquiétudes, on aimerait bien qu’il y ait dans les mairies des postes de relais pour orienter les habitants ", poursuit-elle. En dehors de ces soucis d’informations, le débat soulève d’autres problématiques aussi liées à la santé d’après Marie Labesse. "Dans tous les cas, de notre côté, nous incitons les gens à refuser ces installations et nous espérons que de plus en plus de mairies refuseront aussi".

La réponse d’Enedis : "La loi s’applique à tous"

La loi ? QUELLE LOI ? Enedis n'a jamais pu nous trouver cette fameuse loi qui est censée s'appliquer à tous !!

Le directeur territorial des P.-O. chez Enedis, François-Xavier De Boutray, répond aux arguments avancés par StopLinky 66. "C’est obligatoire. Il y a une liberté du droit de la propriété privée c’est évident. Si on doit entrer chez quelqu’un pour changer le compteur et qu’il nous l’interdit, nous n’avons pas le choix que de faire demi-tour. Si le compteur est en extérieur, on intervient sans concertation. Juste pour prévenir d’une éventuelle coupure d’électricité". Voilà la seule limite qui se pose à l’intervention d’Enedis qui a pour obligation d’installer les compteurs Linky dans les communes, comme le souligne le directeur territorial des P.-O. 15 000 compteurs vont être installés dans le Conflent, sur une période de 6 à 8 mois. Concernant les cas particuliers dénoncés par le collectif, "nous avons l’interdiction de donner des informations sur un client en particulier donc je ne peux pas vous dire ce qu’il en est pour l’éleveur de Saint-Michel-de-Cuxa. Mais les opposants à Linky sont souvent dans le mensonge. Concernant le refus des mairies, beaucoup font un délibéré pour refuser le déploiement, mais c’est illégal. Nous pouvons quand même intervenir. Beaucoup ont décidé d’aller en justice mais 100 % des cas ont mené à la suppression de ce délibéré *. Mais nous n’attendons pas la décision. Personne n’a le droit de refuser. La loi que nous devons respecter s’applique à tous".