LINKY VERT ANIS, GILETS JAUNES ET DÉMOCRATIE

 

Les collectifs Stop linky du réseau national ont décidé de se situer dans ce temps d'affirmation démocratique face à un pouvoir qui passe en force sur tous les sujets et pensent que le lien avec la question climatique peut aussi être mobilisé avant la MARCHE MONDIALE POUR LE CLIMAT DU 8 DÉCEMBRE 2018.

 

COMMUNIQUÉ DU 03/12/2018 - Réseau des collectifs Stop linky

 Les collectifs Stop Linky (près de 1000 dans la France entière) constituent un mouvement sans étiquette politique.

 Pour autant, et nous pouvons le vérifier dans toutes les réunions que nous organisons, nos débats amènent toujours à l’expression de choix de société, contre l’espionnage généralisé, pour la préservation de la santé de toutes et tous et le libre accès à l’énergie, dont nous voulons maîtriser la consommation de façon démocratique, écologiquement responsable et solidaire.

 Face à notre détermination à refuser l’installation des Linky et à celle d’engager un véritable débat sur l’énergie, le pouvoir actuel et Enedis, son bras armé dans la distribution d’électricité, nous ont, jusque-là, opposé une fin de non-recevoir.

 Au contraire, l’actuel projet du gouvernement est de privatiser Enedis, société pourtant en position de quasi-monopole. Cela aboutirait à l’enrichissement abusif d’une société privée au détriment des usagers (comme c’est par exemple le cas dans le domaine autoroutier).

 Le même plan prévoit une nationalisation totale du secteur nucléaire, celui-là invendable, de façon à faire financer par l’impôt (donc nous !) les énormes charges à venir liées au démantèlement des centrales nucléaires actuelles et à la construction de nouvelles (de technologie EPR, toujours pas opérationnelles, ni à Flamanville ni en Finlande).

 La tentative d’imposer à tous les foyers un compteur Linky est justement liée à ce programme nucléaire. Le but est de nous contraindre à une consommation d’électricité croissante dans l’avenir (du fait des voitures électriques et autres objets connectés) sans aucune considération pour le changement climatique.

Comme le mouvement des gilets jaunes le porte aujourd’hui, nous réclamons une autre politique gouvernementale qui respecte les droits des citoyens et permette d’organiser, enfin, des débats démocratiques et décisionnels sur les choix du pays.

 

Nicolas Bérard, journaliste à l’Age de faire et auteur de « Sexy Linky » analyse dans cet article un sondage publié dans le baromètre annuel du médiateur ,Mr Jean Gaubert.

« Une récente enquête montre qu’une large majorité des Français·es ne croient pas, ou plus, aux prétendus bénéfices du compteur communicant Linky. C’est une nouvelle qui devrait ravir tous les collectifs d’opposant·es : le travail qu’ils mènent depuis de longs mois pour faire la lumière sur le compteur Linky porte vraisemblablement ses fruits.

Mieux encore, ce sont ces opposant·es qui, avec leur énergie et leurs bouts de ficelle, sont en train de remporter la bataille de l’information face à l’ogre Enedis et ses millions d’euros :

- la moitié des Français·es seraient déjà défavorables à ce compteur. Et ce n’est pas un collectif qui l’affirme, mais le très officiel Médiateur de l’énergie. Il vient de publier (le 13 novembre) son baromètre annuel Énergie-Info, qui s’appuie sur une enquête de l’institut Market Audit, réalisée du 4 au 27 septembre 2018 auprès de 1501 foyers français. Et, selon cette étude, « seule la moitié des foyers est favorable à l’installation des compteurs communicants ». L’année dernière, selon l’enquête équivalente pour l’année 2017, 42% se disaient opposé à ce compteur. La tendance est donc à un rejet de plus en plus massif du Linky.

Les principales raisons de ce rejet ? - La suppression d’emplois (19 %), l’inutilité d’un tel programme (19 %), le manque de fiabilité du dispositif (15 %), la protection des données (15 %) ou encore les ondes et champs électromagnétiques (11 %). Les arguments sont donc très disparates, sans doute parce que les personnes interrogées ont, comme la plupart des opposant·es, plusieurs griefs contre Linky, mais qu’ils n’ont le droit dans cette enquête d’en citer qu’un….

Autre chiffre qui semble montrer que le travail des opposant·es est efficace : les Français·es sont de moins en moins nombreux à gober les mensonges d’Enedis. En témoigne le nombre très peu élevé de celles et ceux qui croient encore que Linky va leur faire réaliser des économies d’énergie : ils n’étaient déjà plus que 41 % en 2017, ils sont désormais… 25 %.

De plus en plus de gens pensent avoir le droit de refuser : Et puis, il y a la question du refus qui, là encore, devrait remplir de joie les collectifs. Socialiste bon ton, Jean Gaubert, le médiateur, n’est a priori pas un opposant au compteur communicant. Il part donc du principe que Linky est obligatoire. Partant de là, il ne peut que constater que les Français·es, qui sont de plus en plus nombreux à avoir entendu parler du compteur, sont dans le même temps de moins en moins nombreux à « savoir » que sa pose est obligatoire. Ce sont peut-être les chiffres les plus impressionnants : 60 % des sondé·es le « savaient » en 2017, alors qu’ils ne sont plus que 38 % en 2018 ! De plus en plus d’usager·es pensent donc être en droit de refuser le compteur. Un résultat qui est « sans doute en lien avec la communication des collectifs anti-Linky », se hasarde le médiateur. »…

Nicolas Bérard

Pauvre médiateur qui est si mal informé...