...de l'audition à l'Assemblée nationale (OPECST)

Un message de Stéphane Lhomme suivi de Pièces et Main d'oeuvre puis de Robin des Toits


Jeudi 14 décembre 2017, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) organisait à l'Assemblée nationale une matinée consacrée aux compteurs communicants et principalement au plus connu d'entre eux, le fameux Linky (compteur communicant d'électricité).


Au vu du découpage annoncé de cette séance, la quasi-totalité des collectifs et associations engagées contre les compteurs communicants (comme Robin des Toits) ont refusé de participer à ce qui ne pouvait être qu'une parodie de démocratie.

Pour mémoire, une seule intervention "contre" était prévue au départ, à savoir 4 minutes sur 3h30. Face au refus général de cautionner cette mauvaise plaisanterie, les organisateurs ont retouché à la marge le programme et réussi à débaucher de pseudos "opposants", à commencer par l'inénarrable Nicolas Mouchnino, chargé de mission à l'UFC-QueChoisir (*), qui ne critique jamais le Linky que pour demander l' "amélioration" de son déploiement !


Une première table ronde a donc longuement donné la parole au représentant d'Enedis et à son "collaborateur" de l'UFC-QC, qui se sont attachés à nier ou à minimiser le plus possible les pourtant graves déconvenues de nombreux citoyens qui se sont vu imposer un Linky (factures qui s'envolent, installation qui disjoncte continuellement, appareils qui dysfonctionnent ou "grillent" carrément, mais aussi incendies) et à disserter longuement sur les prétendues économies que ce compteur est censé permettre (sans que cela n'ait jamais été démontré) dans le cadre de la fumeuse "transition énergétique".


Une seconde table ronde avait pour objet, selon la stratégie de désinformation mise en place depuis deux ans par Enedis et reprise telle quelle par l'Opecst, de tenter de réduire la question des compteurs Linky à la seule controverse sur les dangers des ondes électromagnétiques. Une opposante, bafouant le consensus quasi total des collectifs sur la non-participation à cette parodie de démocratie, a donc consciencieusement joué le rôle qui lui a été proposé par l'Opecst, à savoir faire poliment le chien dans le jeu de quilles et parler principalement de la question des ondes. Comme on pouvait s'y attendre, elle a été chaleureusement félicitée dans sa conclusion par le fameux Cédric Villani qui l'a remerciée d'avoir ainsi "contribué à restaurer la confiance", pour le plus grand plaisir d'Enedis !


Finalement, deux bonnes surprises sont venues de l'intervention d'une sociologue (dans la seconde table ronde) puis de celle du représentant de l'association "La quadrature du net" (dans la troisième table ronde, consacrée aux données). Sous des angles différents, ces deux intervenants ont signifié que le mouvement de refus ne pouvait pas être réduit à la question des ondes ni à des opposants irrationnels ou mus par la peur, et ont évoqué les questions de démocratie, de préservation du service public et de l'environnement, etc.


Ceci dit, comme prévu, les critiques sur le programme Linky (même les bonnes) ont été soigneusement emballées dans une organisation bien cadrée qui permettra aux organisateurs de dire que cette audience "démocratique" a permis de "prendre en compte les critiques" afin d' "améliorer le déploiement du programme Linky".


Au final, l'enseignement que l'on peut tirer de l'organisation de cette audience vient précisément du fait qu'elle a été organisée : le mouvement de refus ne cesse de prendre de l'ampleur et les promoteurs des compteurs communicants (Etat, Enedis) sont à la recherche de biais pour essayer de diviser ce mouvement (en particulier en promouvant eux-mêmes leurs "opposants"), le limiter ou le cantonner à une controverse technique, en évitant autant que faire se peut la question démocratique.



La conclusion est simple : il faut continuer à faire croitre ce mouvement jusqu'à ce que nous arrivions à ce qui a déjà été obtenu dans d'autres pays plus démocratiques : le droit de refuser les compteurs communicants, que ce soit pour les communes ou pour les particuliers.


  Stéphane Lhomme
Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)
Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

(*) Confrontée à de vives protestations de ses adhérents, dont certains ont carrément démissionné, l'UFC-QC a été contrainte de publier en octobre un "dossier noir" compilant enfin divers problèmes causés par le Linky, mais en les minimisant le plus possible et demandant l' "amélioration du programme". Pour faire bonne mesure, l'UFC-QC a lancé à mon encontre 4 procédures en justice, qualifiant de "diffamatoires" les critiques pourtant bien justifiées que j'ai portées sur le soutien objectif apporté par l'UFC-QC au programme Linky…

Pièces et main d'oeuvre refuse l'invitation

Pièces et main d’œuvre
http://www.piecesetmaindoeuvre.com

 

 Réponse à une non invitation

Pourquoi nous n’irons pas à la table ronde de l’Assemblée nationale sur les compteurs Linky
à laquelle nous ne sommes pas conviés

Depuis deux ans, une révolte inédite enfle en France. Partout éclate le refus des compteurs communicants, à la surprise des technocrates qui avaient tout planifié. Des centaines de collectifs, des dizaines de milliers de tracts et de signatures sur des pétitions, des manifestations, interventions en conseil municipal, actions en justice, réunions publiques, ateliers de bricolage pour empêcher la pose des mouchards connectés (Linky, Gazpar, eau).
 
 Au début, ils ont envoyé les directeurs régionaux d’Enedis (nous, c’était M. Masset – il n’est plus là, nous si) ou, dans les cas graves, la directrice nationale de la communication, Gladys Larose. Peine perdue. Ils ont tenté la persuasion – « la pédagogie » - puis la ruse et l’intimidation, les menaces, le harcèlement, la violence. Peine perdue.
 
 Le 22 novembre 2017, quatre collectifs « tirés au sort » (sic) reçoivent ce mail d’une administratrice de la commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale :

Bonjour,
Je vous contacte au sujet de tables rondes sur les compteurs intelligents Linky et Gazpar organisées à l’Assemblée nationale, conjointement par la commission des affaires économiques et par l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), le 14 décembre 2017 au matin. Une des tables rondes vise à faire état des différents travaux réalisés ces dernières années sur les effets sanitaires des compteurs intelligents. Elle cherche également à comprendre la persistance d’un fort mouvement d’opposition à Linky au nom de la santé du citoyen. Les parlementaires souhaiteraient la présence d’un représentant du collectif Stop ! Linky  à cette table ronde, si vous en êtes d’accord. Y participeraient également Enedis, l’Anses ainsi qu’un sociologue. Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.
 
Bien cordialement,
Mathilde Bouchardon”
 
Un coup de fil à l’Assemblée nationale plus tard, il se confirme qu’un « représentant » du mouvement anti-Linky est convié à la seule table ronde portant sur les aspects sanitaires, tandis que d’autres réunions sont prévues sur le modèle économique et sur la protection des données. La vanité humaine étant ce qu’elle est, peut-être les députés arriveront-ils à engluer un « interlocuteur » heureux de se dévouer en se mettant en avant. Ce ne sera pas nous.
 
 
 Madame Bouchardon,

Merci, mais non merci. Nous ne participerons pas à la table ronde à laquelle vous ne nous avez pas conviés. Si des parlementaires s’interrogent soudain sur les raisons de notre refus, qu’ils lisent les dizaines de textes, enquêtes, tracts et communiqués rédigés depuis deux ans par les habitants de leurs « territoires », comme ils disent, et qu’ils étaient censés écouter et représenter.
 Ce n’est pas faute d’avoir rabâché que nous voulions rester maîtres de nos vies, que nous n’accepterions pas le transfert de notre libre arbitre à des machines. Vos prétendues garanties d’innocuité des dispositifs techniques et de confidentialité des données pillées ne rendront jamais les compteurs communicants compatibles avec une vie libre et humaine. Ni « smart city » ni « dématérialisation », nous voulons un monde avec contact. Si les parlementaires avaient voulu comprendre notre refus, ils auraient pu nous parler en face, dans chaque circonscription, où nous manifestons depuis deux ans. Vos tables rondes tardives et parcellaires sont vaines et indécentes.
 
 Naturellement, ce ne sont pas nos raisons qui intéressent l’Assemblée nationale, comme vous l’écrivez vous-même. L’Etat s’inquiète de la « persistance d’un fort mouvement d’opposition » et espère qu’un sociologue, à l’écoute d’un « représentant » des opposants, saura cartographier notre opposition afin d’élaborer les éléments de langage pour contrer nos arguments. Nous ne sommes pas si stupides que nous l’instruisions nous-mêmes des ressorts de notre mouvement, de sa dynamique et de son ampleur.
 Les sociologues de l’acceptabilité, nous les connaissons autant qu’ils nous connaissent. Nous savons leur axiome : « Faire participer pour faire accepter ». Le coup du « débat » une fois les décisions imposées, Madame Bouchardon, on nous l’a déjà fait. Nous nous souvenons du nucléaire, des OGM, des nanotechnologies. Jamais les élus et décideurs ne cherchent à nous rencontrer avant de bouleverser notre monde et nos conditions de vie.
 Gardez vos sociologues, vos « procédures de dialogue avec le peuple » et votre mépris. Nous nous exprimons quant à nous sans pare-feux et nos voisins nous comprennent assez bien.
 
 Nous ne voulons pas plus de vos experts et de leur expertise. Décider quelle vie nous voulons n’est pas un problème technique, mais politique. Nous n’avons que faire de vos mesures d’exposition aux champs électromagnétiques, de vos dispositifs d’anonymisation des données, de vos études, de vos normes et de vos seuils. Nous ne voulons ni d’un compteur connecté sain, ni d’un compteur connecté discret. Nous ne voulons pas plus de compteur connecté que de quincaillerie connectée dans nos maisons, de ville « intelligente » ou d’une existence pilotée par le « big data ».
 Nous sommes les experts de nos propres vies. Nous contestons à l’Etat le droit de nous imposer un objet connecté chez nous, de nous forcer à vivre dans des « smart cities » déshumanisées et automatisées, de faire de nos données une marchandise - de rendre impossible notre vie humaine.
 
 Pour tous ces motifs, Madame Bouchardon, nous poursuivrons notre mouvement de refus avec la persévérance que les parlementaires lui reconnaissent. Nous élargirons et approfondirons notre réflexion et notre critique, avec les habitants de nos métropoles et de nos villages. Nous prenons bonne note de l’inquiétude des élus, et nous nous emploierons à la justifier toujours plus, à notre manière : libre et humaine.
 

Pièces et main d’œuvre
Grenoble, le 8 décembre 2017

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1007

 


Tout comme Robin des Toits
ROBIN DES TOITS
Attention changement d'adresse de
Correspondance : 55 rue des Orteaux 75020 Paris
Tél. : 33 1 47 00 96 33
E-mail : contact@robindestoits.org

Réponse à l’invitation à participer à l’Audition ouverte à la presse sur les compteurs communicants le 14 décembre 2017 à l’Assemblée nationale

L’association Nationale Robin des Toits a décidé de ne pas répondre à cette invitation.
En effet, les 4 minutes qui lui sont généreusement imparties ne semblent concédées que pour éviter tout questionnement à l'image de ces auditions.

Les décisions sont déjà prises, et le rapport de l'OPECST ne servira qu'à toiletter de soi-disant "démocratie" et d'un petit vernis scientifique (univoque comme toujours avec l'OPECST qui a des antécédents parlant dans le domaine des pollutions électromagnétiques) une technologie dangereuse pour la santé, attentatoire aux libertés publiques, et qui n'a pour but - sous couvert d'écologie, de greenwashing de fait -  que de marchandiser ce qui était jusqu'à maintenant un service public.

Robin des Toits ne souhaite pas cautionner une procédure qui va à terme enchérir le prix d'une denrée nécessaire à tous : l'énergie. Ceci dans des conditions anti-démocratiques, anti-écologiques, inégalitaires au plan des fondements de la République et qui porteront atteinte à la santé publique.

En démocratie, le libre choix est incontournable.
Les décisions qui sont prises pour le profit de certains intérêts privés et non pour l'intérêt général ne sont pas acceptables. Robin des Toits continuera à les combattre.
Robin des Toits travaille pour l'humain et pour la santé publique. Ne parlant pas la même langue, Robin des Toits ne souhaite pas être instrumentalisé pas des sociologues de l'acceptation.

Si les députés désirent être "éclairés", il leur suffit de retourner dans leurs circonscriptions écouter - véritablement - les gens. Ils peuvent aussi consulter nos sites et nos différents communiqués si le temps ou le goût leur manquent pour rencontrer les simples citoyens. Étant censés incarner la Représentation Nationale, ils devraient éviter de travailler pour le Big Data et les GAFA mais plutôt pour l'intérêt de leurs concitoyens.

Si une association comme Robin des Toits existe, cela démontre que bon nombre d'élus ne font pas vraiment leur travail...

Si le libre choix d'accepter ou de refuser ces compteurs soi-disant intelligents est rendu au public, comme ce devrait être possible dans le cadre d'une démocratie, l’association nationale Robin des Toits pourrait reconsidérer sa position.

Cette réponse peut être versée dans votre rapport le cas échéant.

Vous en souhaitant bonne réception.


Etienne CENDRIER
Porte-Parole national